Depuis plus de dix ans, les acheteurs d’un programme immobilier en Haute-Savoie attendent un remboursement. Le projet, lancé en 2012 à Saint-Pierre-en-Faucigny, n’a jamais été livré. Le gérant des sociétés porteuses a comparu devant la justice fin août 2026.
Un projet immobilier vendu sur plan tourne court
En 2012, un homme de 48 ans crée deux sociétés pour construire trois immeubles de six appartements à Saint-Pierre-en-Faucigny. Les 18 logements sont vendus à des particuliers et des sociétés, avec une livraison prévue pour fin 2014. L’argent tombe sur les comptes : près de 1,7 million d’euros au total.
Un chantier à l’arrêt depuis plus de dix ans
Les travaux démarrent, mais les fonds manquent rapidement. Les trois bâtiments restent à moitié construits, bien visibles depuis l’espace Armand-Bouvard. Aucune livraison, aucun remboursement : les acheteurs se retrouvent dans une impasse totale.
Le promoteur n’avait aucune expérience dans l’immobilier. Cette inexpérience a probablement contribué à l’échec du programme. Les sociétés créées pour l’opération n’ont jamais eu les moyens de mener le chantier à son terme.
Des acheteurs toujours en attente de remboursement après l’échec
Les victimes ont versé des sommes considérables, parfois issues de l’épargne personnelle ou de prêts bancaires. Douze ans après, aucune restitution n’a été effectuée. Le préjudice financier est lourd, mais l’impact moral l’est tout autant.
Certains acheteurs avaient contracté des emprunts pour financer leur investissement. Ils continuent à rembourser des crédits pour des logements qui n’existent pas. D’autres espéraient y habiter ou le louer pour préparer leur retraite.
Une procédure judiciaire longue et complexe
Le dossier a connu de multiples rebondissements. La justice a été saisie, mais les délais se sont accumulés. Les acheteurs ont dû engager des frais d’avocat, sans garantie de récupérer leur mise. Le litige s’est enlisé pendant des années.
Ce n’est que le 27 août 2026 que le gérant a été jugé devant le tribunal de Bonneville pour abus de confiance. L’audience publique a duré plusieurs heures, avec des débats nourris sur les responsabilités de chacun.
La justice saisie : un procès pour abus de confiance
Le prévenu devait répondre de l’utilisation des fonds versés par les acheteurs. Les enquêteurs ont établi que l’argent n’a pas servi uniquement au chantier. Une partie des sommes a été détournée de son objet initial, selon l’accusation.
Les avocats des parties civiles ont demandé une condamnation exemplaire. Ils rappellent que les victimes n’ont reçu aucune indemnité depuis l’arrêt du chantier. La décision a été mise en délibéré et sera rendue le 1er octobre 2025, mais l’attente continue.
⚠️ Un élément majeur : le tribunal d’Annecy a également été saisi dans une procédure liée à cette affaire. La Cour de cassation pourrait être amenée à se prononcer si un pourvoi est formé.
Les acheteurs obtiennent-ils enfin gain de cause ?
Pour l’heure, aucune restitution n’a été ordonnée. Le jugement du 1er octobre pourrait fixer le montant des dommages et intérêts. Mais la capacité du prévenu à payer reste incertaine. Les sociétés sont probablement insolvables.
Les acquéreurs engagés dans ce litige espèrent que la justice reconnaîtra leurs droits. Pourtant, même en cas de condamnation, récupérer les sommes risque de prendre encore des années. Une situation insupportable après 12 ans d’attente.
Litige immobilier : que faire en cas de projet non livré ?
Cette affaire rappelle les risques de l'achat sur plan. Avant de signer, vérifiez la solidité financière du promoteur et ses références. En cas d’échec, plusieurs recours existent pour les acheteurs.
Les démarches à engager rapidement
Dès que le chantier s’arrête, il ne faut pas attendre. Agir vite augmente les chances de préserver ses droits. Voici les étapes essentielles à suivre :
- 🚨 Réunir tous les documents : contrat de réservation, acte de vente, relevés de versements.
- ⚖️ Consulter un avocat spécialisé en droit immobilier pour évaluer les options.
- 📩 Mettre en demeure le promoteur de livrer ou de rembourser, avec accusé de réception.
- 🏛️ Saisir le tribunal judiciaire pour obtenir une résolution de vente ou des dommages et intérêts.
- 💶 Vérifier les garanties : la garantie financière d’achèvement peut couvrir le chantier, si elle a été souscrite.
Chaque situation demande une analyse spécifique. L’aide d’un professionnel permet d’éviter des erreurs coûteuses. Dans ce dossier de Haute-Savoie, les acheteurs auraient peut-être pu agir plus tôt.
L’importance de la vigilance pour tout investissement
Cet échec montre les conséquences dramatiques d’un projet immobilier mal préparé. Les investisseurs, parfois novices, se fient à la présentation commerciale basée sur des plans alléchants. La réalité du terrain peut être tout autre.
Les professionnels de l’immobilier recommandent de faire appel à un notaire pour sécuriser les transactions. Vérifier les autorisations d’urbanisme et l’avancement réel des travaux s’avère indispensable. Un conseil : ne versez jamais la totalité du prix avant la livraison.
En Haute-Savoie, cette affaire restera un exemple des risques liés à la promotion immobilière. Les acheteurs attendent toujours leur remboursement, 12 ans après l’échec du programme. Espérons que la justice apporte enfin une issue.

Raphaël Lucas suit l’immobilier et le bâtiment depuis une dizaine d’années. Après une formation en droit de la construction, il a rejoint la presse spécialisée. Il passe ses week-ends à rénover une maison de maître dans le Perche.