Les boîtes aux lettres se remplissent d’avertissements extraits de rôle. Pour de nombreux propriétaires, la surprise est rude. Dans certaines communes, le précompte immobilier bondit de plus de 20 % en un an. Une facture qui devient difficile à payer pour des ménages déjà serrés. Décryptage d’une hausse qui agace, et qui inquiète.
Pourquoi le précompte immobilier flambe dans certaines communes belges ?
Le précompte immobilier repose sur le revenu cadastral du bien. Chaque commune applique ensuite ses centimes additionnels. Ces taux varient fortement d’une localité à l’autre. Pour renflouer leur budget communal, certaines communes n’hésitent plus à les augmenter. Résultat : une taxe foncière parfois bien plus lourde qu’ailleurs.
Sur 565 communes belges, 86 ont relevé leurs centimes additionnels cette année. L’augmentation moyenne atteint 2,5 %. Mais dans certaines localités, la note grimpe à un rythme bien plus soutenu. Les exemples wallons et bruxellois sont nombreux. Voici les plus marquants.
Les communes wallonnes où la facture explose
En Wallonie, Wavre décroche la palme avec une hausse de 20,65 %. Suivent Ramillies (+14,35 %), Lasne (+12,13 %), Esneux (+11,48 %) et Daverdisse (+10,35 %). Ces augmentations se reflètent directement sur les avertissements extraits de rôle. Les propriétaires qui doivent payer le précompte immobilier voient leur charge fiscale augmenter d’un coup.
- 📈 Wavre : +20,65 %
- 📈 Ramillies : +14,35 %
- 📈 Lasne : +12,13 %
- 📈 Esneux : +11,48 %
- 📈 Daverdisse : +10,35 %
Ces chiffres ne sont pas anecdotiques. Ils traduisent une tendance de fond : les communes cherchent de nouvelles recettes. La taxe foncière devient un levier fiscal privilégié pour équilibrer les budgets communaux. Les contribuables locaux en font les frais.
Bruxelles n’est pas épargnée
Côté bruxellois, la situation est tout aussi tendue. Koekelberg frappe fort avec une hausse de 25,88 %. Saint-Josse-ten-Noode suit avec +20,42 %, Ganshoren +19,75 %, Auderghem +18,44 % et Bruxelles-Ville +15,33 %. Cette dernière compense toutefois intégralement la hausse pour les propriétaires occupants. Un cas isolé qui ne rassure pas les autres contribuables.
Ces augmentations pèsent sur les ménages. Pour beaucoup, payer cette impot immobilier devient un vrai casse-tête. Les demandes d’étalement de paiement explosent. Les administrations fiscales peinent à suivre le rythme.
Des propriétaires en difficulté face à la hausse du précompte immobilier
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. L’an dernier, Bruxelles Fiscalité a reçu 73 000 demandes d’étalement, soit 18 % de la totalité des propriétaires bruxellois. En Wallonie, 71 966 plans de paiement ont été accordés. Même la Flandre, pourtant moins touchée, a enregistré 17 381 demandes en 2024. La tendance s’accélère nettement en 2026.
Cette année, la situation s’aggrave. Entre le 1er juillet et le 15 août, 9 220 Bruxellois ont déjà déposé une demande de plan de paiement. C’est 35,9 % de plus qu’à la même période l’an passé. Du jamais vu. Les autorités s’attendent à un record absolu.
Des demandes d’étalement en forte progression
Le recours à l’étalement du précompte immobilier concerne surtout Bruxelles et la Wallonie. Un Bruxellois sur 17 introduit une demande. Un Wallon sur 52, et un Flamand sur 393. L’écart est saisissant. Il reflète des réalités économiques différentes, mais aussi des hausses locales plus agressives.
Face à cette vague, les administrations tentent de s’organiser. À Bruxelles, une demande de paiement en quatre fois est la norme. Des dérogations existent pour les cas sociaux difficiles. Mais elles restent rares. En 2024, seul 9 % des dossiers de dérogation ont été acceptés. L’an dernier, ce taux est tombé à 3 %. Les contribuables précaires sont souvent laissés de côté.
Le revenu cadastral, une bombe à retardement pour le précompte immobilier
Au-delà des centimes additionnels, une autre menace plane. Le revenu cadastral de la plupart des biens date de 1975. À cette époque, les critères de confort n’avaient rien à voir avec ceux d’aujourd’hui. Une salle de bain, des toilettes intérieures ou un chauffage central n’étaient pas systématiques. Les biens anciens sont donc sous-évalués, tandis que les constructions récentes sont taxées plus lourdement.
Une réforme qui pourrait alourdir encore la note
Le Syndicat National des Propriétaires et Copropriétaires dénonce cette inégalité. Mais la réunion de ces critères devrait un jour avoir lieu. Si le revenu cadastral est actualisé, de nombreux propriétaires verraient leur précompte immobilier augmenter fortement. Certaines communes ont déjà commencé à envoyer des formulaires pour recenser les travaux réalisés. Cette régularisation pourrait s’accompagner d’une hausse de la fiscalité locale.
Une réforme, conjuguée aux hausses répétées des centimes additionnels, pourrait faire exploser les défauts de paiement. Les communes le savent. Elles doivent trouver un équilibre entre leurs besoins de recettes et la capacité de payer des citoyens. Le dossier est loin d’être clos.
Comment faire face à la hausse du précompte immobilier ?
Face à cette situation, les propriétaires peuvent agir. La première chose à faire est de vérifier son revenu cadastral. S’il est erroné ou trop élevé, il est possible d’introduire une réclamation. Il est aussi conseillé de se renseigner sur les réductions communales et régionales. Certaines communes offrent des abattements pour les personnes âgées ou les faibles revenus.
- 💡 Vérifier le revenu cadastral de son bien
- 💡 Demander une réduction en cas d’erreur
- 💡 Solliciter un plan de paiement échelonné
- 💡 Se renseigner sur les exonérations locales
- 💡 Prendre contact avec un conseiller fiscal
Enfin, la solidarité entre voisins et la mutualisation des informations peuvent aider. Plus les propriétaires seront informés, plus ils seront en mesure de défendre leurs droits. La charge fiscale ne doit pas devenir insupportable. Rester vigilant est la meilleure des protections.

Raphaël Lucas suit l’immobilier et le bâtiment depuis une dizaine d’années. Après une formation en droit de la construction, il a rejoint la presse spécialisée. Il passe ses week-ends à rénover une maison de maître dans le Perche.